Le 06/11/2013

L'internazionale de Saint-Nic

United Colours of Saint-Nic! Aussi surprenant que cela paraît à première vue, le club de Saint-Nic Sport présente une particularité presque unique en Sud-Finistère, à ce niveau, avec la présence d'un Brésilien, d'un Chilien et d'un Lituanien dans son onze de départ. L'intégration s'est réalisée parfaitement dans le club, cher à la présidente Vanessa Hicher. Le football reste un langage universel, pratiqué par de nombreux pratiquants, à tous les recoins de la planète. Saint-Nic ne fait pas exception à la règle. Mieux, il cultive cet esprit pour son plus grand plaisir.

Marcello De Sousa Martins, 27 ans, Mauricio Carreno, 41 ans, Mindaugas Albuzis, 32 ans sont réunis par un parcours de vie similaire

Marcello De Sousa Martins, 27 ans, Mindaugas Albuzis, 32 ans, Mauricio Carreno, 41 ans: cette triade Brésilo-Lituano-Chilienne met de la vie et du partage à une communauté sportive de 45 licenciés. Sur le terrain, au Fournil, le bar de la commune, l'ambiance est bigarrée et bon enfant, résumée en une passion du football et d'une commune. En milieu de tableau de sa poule, Saint-Nic Sport est à louer pour son état d'esprit, de rassembler deux équipes de football pour une commune de 400 habitants.

Se marier à une Plomodiernaise ou une Saint-Nicaise est un chemin contourné vers le club de football local. Les parcours de vie varient mais ils restent immuables à une fiancée rencontrée de ce coin du Finistère-Sud. " Je travaillais au Danemark. J'avais un collège, avec qui je travaillais là-bas, Manu Baron. J'ai rencontré ma compagne dans ce pays. Elle venait de Plomodiern. Nous nous sommes rencontrés en 2003", reconnaît Minduagas Albuzis. " Je me suis marié avec une femme Bretonne de Plomodiern. Nous nous sommes rencontrés au Chili à Concepcion, près de la Patagonie. Ca fait trois ans que nous nous sommes installés sur Saint-Nic", admet Mauricio Carreno.

Le Brésilien Marcello De Sousa est arrivé le dernier sur Saint-Nic et il a joué, ce week-end, à Landrévarzec, son premier match officiel pour les rouges et noirs. " J'ai rencontré ma femme à New-York. Elle est Franco-Américaine mais ses parents sont originaires de Brest. J'ai vécu toute mon enfance et adolescence à Rio de Janeiro, cinq ans à New-York. A Saint-Nic, je respire enfin. J'ai fini par être dégoûté des grandes villes. Là-bas, tu vois plein de monde mais tu ne connais personne. Dans les petites villes, c'est beaucoup plus chaleureux et il y'a bien plus de solidarité entre les gens", résume Marcello De Sousa Martins.

La passion du football, magnifiée par la beauté du paysage

Le trait commun est donc la rencontre d'une compagne et la passion du football. " Au Brésil, tu nais avec un ballon. C'est le premier cadeau reçu à Noël pour tout garçon. Le football fait partie de la vie quotidienne d'un Brésilien. Tout est prétexte à une partie. Ca faisait 10 ans que j'avais coupé avec le football. Je suis venu assister à un match de Saint-Nic avec mon voisin. Toute la passion est revenue d'un coup. En jeune, je jouais au club de Flamengo, mon club de coeur et mythique au Brésil. L'école nous était payé par le club. Il y'avait quatre équipes dans chaque catégorie et je jouais dans la 3ème équipe".

Pour Mindaugas, le football se résume souvent en une période de l'année. " J'ai toujours été plus football que basket. En Lituanie, tu ne joues au football qu'au printemps et en été. L'hiver, il fait trop froid". L'attaquant Chilien de Valparaiso fait le contraste entre le football Sud-Américain et le football en Sud-Finistère. " En Amérique du Sud, nous avons une culture de la balle. On aime remonter le terrain par de petites passes. Ici, j'ai été surpris qu'on saute parfois les lignes. Il faut que j'anticipe les déplacements quand un défenseur a la balle.".

L'intégration à une nouvelle vie se fait parfois plus facilement en y intégrant les codes sociaux, qui unit les gens entre eux. Le football amateur est assurément le premier dénominateur de lien social dans une commune. Et encore plus en Bretagne. " Saint-Nic est une commune magnifique. Avoir la mer et la campagne, à quelques kilomètres, c'est tout simplement superbe. C'est magnifique et les gens sont très accueillants. Nous avons trouvé notre coin de paradis", résument en coeur, les trois expatriés de Saint-Nic Sports.

Présidente totalement investie, Vanessa Hicher est fière de l'intégration rapide de ses trois joueurs dans l'effectif. " Ca s'est fait très facilement. On aime tous notre club et notre commune. Le sens du partage est une valeur essentielle à notre club. Nous sommes très contents de pouvoir compter sur ces joueurs dans l'effectif. On s'en amuse car c'est sûr que c'est peu commun pour une commune comme la nôtre".

Le football, en vecteur universel d'une communauté de passionnés, Saint-Nic se fond de bonheur avec cette formule. Uni dans un même effort, le club Saint-Nicais vise un maintien en D2. Après une première mise en contact très difficile, l'équipe semble bien partie pour parvenir à ses fins.

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